Ce que vous êtes n’est pas seulement lié à votre ADN, votre environnement a aussi son importance. Différents éléments tel que le stress et l’alimentation peuvent avoir un impact sur vos gènes et ainsi modifier leurs expressions. Bien que cela soit connu de tous, comment ces changements transmis aux générations futures ont-ils été intégrés par les scientifiques ? Ainsi, une nouvelle étude a fourni des explications.

Alors que les premières cellules destinées à devenir des ovules et du sperme sont effacées de ces changements au début du développement de l’embryon, les scientifiques ont révélé que certains tronçons de l’ADN résistent à cette soi-disant reprogrammation et ainsi deviennent héréditaires. Fait important, les chercheurs ont découvert que certains de ces gènes sont associés à certaines maladies telles que l’obésité et la schizophrénie. Ces résultats intrigants ont été publiés dans la revue Cell.

Bien que l’ADN contienne tous les codes nécessaires au développement de l’organisme, ils n’ont pas tous besoin d’être actifs à la même place ou en même temps dans le corps. On parle alors d’épigénétique, ces modifications de l’ADN peuvent altérer les gènes qui sont actifs ou inactifs sans modifier la séquence d’ADN. Par exemple, un groupe de substances chimiques appelé « groupe méthyle » peut être enlevé, ce qui a pour effet de rendre inactifs certains gènes car l’ADN n’aura pas accès aux informations nécessaires.

Ce processus de méthylation de l’ADN continue tout au long de notre vie, mais il peut également se produire en réponse à différents stimulus de l’environnement. Par exemple, la famine peut altérer ce processus, on a ainsi trouvé une augmentation du risque de schizophrénie chez les filles nées de mères ayant connu une longue période de famine durant leur grossesse pendant la 2ème guerre mondiale. Mais ce n’est pas tout, dans un laboratoire, des tests ont été effectués sur des souris exposées au stress, il en a résulté deux générations de descendants déprimés même si leur éducation n’avait rien de stressant.

Ces observations laissent perplexes du fait qu’on pensait que les données épigénétiques avaient pour but d’effacer dans les cellules donnant lieu à des spermatozoïdes et des ovules (cellules germinales) toute anormalité pouvant nuire à la progéniture. Pour résoudre ce mystère, des scientifiques de l’université de Cambridge ont commencé à examiner les processus en question dans le développement des embryons de souris. Ils étaient, alors, intéressés par l’analyse des cellules germinales de l’embryon.

Ils ont constaté que le processus de reprogrammation des cellules germinales se déroule sur une période d’environ sept semaines et d’environ deux semaines dans le développement de l’embryon. Cette étape comporte l’ouverture d’un réseau inhibiteur qui empêche l’action des enzymes favorisant les changements épigénétiques ou leur maintien. Cependant, ils ont trouvé qu’environ 5% du génome a résisté à la reprogrammation. Cela signifie donc que toute la méthylation qui a eu lieu dans ces parties du corps n’a pas complètement supprimé toutes les données contenues dans l’ADN, impactant potentiellement les futures générations.

En regardant de plus près, les chercheurs ont révélé que certaines de ces parties résistantes sont associées à diverses pathologies, parmi lesquelles le diabète, l’obésité et la schizophrénie. Ces reprogrammations « fugueur » pourraient alors expliquer pourquoi les facteurs environnementaux n’ont pas seulement un impact sur la santé de l’individu mais aussi sur la santé de sa progéniture.

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